Comme les précédents, cet article a été initialement écrit début 2017 pour Zeste de Savoir mais n’y a pas été publié. N’hésitez pas à me signaler les erreurs d’adaptation qui pourraient subsister.

La bourse est un monde difficile à appréhender. Même lorsque l’on a compris les principes, on ne peut pas se lancer en claquant des doigts. Un temps de préparation est nécessaire et il faut prendre en compte différents critères indépendamment des marchés. Cet article a pour but de guider et de préparer ceux qui souhaitent investir en bourse. Il ne contient pas d’astuce ou de recette miracle pour gagner de l’argent, mais des conseils pour éviter les déconvenues. Il adopte aussi un point de vue français : les démarches pourront être différentes dans un autre pays.

Appréhender le contenu qui suit nécessite que vous connaissiez les bases de la bourse. Si ce n’est pas le cas, je vous renvoie vers cet article pour vous initier.

Déterminer votre profil

Avant toute chose, il est indispensable de déterminer votre profil d’investisseur. Si vous foncez sans réfléchir et ouvrez un compte tout de suite, vous serez comme une poule qui a trouvé un couteau. Alors commençons par une question simple : qu’est-ce que vous voulez ?

C’est évident, non ? Gagner des sous !

Certes. Mais combien ? Quelle somme êtes-vous prêt à risquer pour cela ? Combien d’argent avez-vous à mobiliser ?

Il y a autant de réponses possibles à ces questions qu’il y a de personnes. Certains ne voudront pas risquer un sou : dans ce cas, la bourse n’est pas pour vous ! D’autres accepteront de risquer 100 euros dans le but d’en gagner 200. Il est aussi possible que vous vouliez prendre un risque minimal pour gagner juste 50 euros de temps en temps. Dans tous les cas, soyez réaliste : n’oubliez pas que plus vous voulez de bénéfices, plus vous devez prendre de risques. Ne mobilisez pas de l’argent dont vous pourriez avoir besoin immédiatement : vous n’êtes jamais certain de le récupérer en totalité.

Vos conseillers bancaires ou certains sites web peuvent vous aider à définir votre profil. Vous pouvez définir vos objectifs dès maintenant, ou garder de l’argent de côté et décider le moment venu. Je vous recommande de déterminer dès maintenant la somme d’argent que vous souhaitez mobiliser, c’est-à-dire garder de côté pour la bourse. Dans la section suivante, nous allons voir de quels comptes bancaires vous avez besoin.

Les comptes

Le type de compte le plus courant pour échanger des produits boursiers est le Compte Titres Ordinaire (CTO). Il peut accueillir à peu près tous les produits possibles. Il est associé à un compte courant, dont vous disposez certainement déjà. Un compte courant permet de recevoir et d’envoyer des espèces. Lorsque vous achetez des produits en bourse, l’argent est débité du compte courant associé au CTO. Inversement, l’argent reçu de vos ventes ira directement sur ce même compte. Pour cette raison, je vous recommande d’en utiliser un séparé de celui que vous utilisez habituellement pour votre vie courante. Cela facilitera le suivi de vos opérations.

Il existe une autre possibilité : le Plan d’Épargne en Actions (PEA). Son fonctionnement est un peu particulier. Il se décompose en deux comptes : le PEA espèces, qui accueille vos espèces qui pourront être investies, et le PEA titres, qui reçoit les produits boursiers. Toutefois, ce dernier ne peut recevoir que des actions et le Service de Règlement Différé n’est pas disponible. Par ailleurs, vous ne pouvez pas récupérer vos espèces comme vous le souhaitez. Si vous retirez de l’argent sur le PEA espèces moins de 8 ans après l’ouverture, il sera automatiquement clos. Après 8 ans, à partir du moment où vous retirez de l’argent, vous ne pouvez plus en injecter. De plus, le taux d’imposition est variable en fonction du temps.

La première solution est moins contraignante mais ne vous donne pas de cadre : vous pouvez faire ce que vous voulez, y compris des bêtises. Elle n’offre aucun avantage fiscal. La seconde ne permet que d’échanger des actions mais vous êtes sûr de ne pas risquer plus que ce que vous avez injecté sur le PEA espèces. Quel que soit votre choix, vous devez passer par un courtier pour échanger en bourse. Un courtier est un organisme qui fait l’intermédiaire entre vous et les marchés.

Choisir un courtier

La plupart des banques sont aussi des courtiers. La différence concerne les frais et les possibilités offertes. Il est intéressant d’avoir une idée du montant de vos transactions et du type de produits que vous souhaitez échanger.

Il existe une multitude de courtiers, il n’est pas envisageable de les comparer ici. Je ne peux que vous conseiller de bien examiner les droits de garde, qui s’appliquent lorsque vous conservez une valeur un certain temps, et surtout, les frais de courtage. Ces derniers s’appliquent à chaque transaction, achat ou vente. Ils peuvent faire varier votre rentabilité de manière importante, surtout lorsque vous échangez de petites sommes. L’intérêt de déterminer votre profil arrive dès maintenant : il s’agit de choisir une offre qui vous correspond. Des comparateurs existent sur le web. D’autres investisseurs peuvent vous conseiller sur des forums.

extrait de conditions tarifaires d'un courtier
Extrait de conditions tarifaires d’un courtier

Prenez le temps de bien choisir en fonction des services proposés et des frais associés. Une fois que vous aurez un compte (CTO ou PEA), nous allons voir comment réaliser nos premiers échanges sur les marchés financiers.

Passer un ordre

Nous arrivons à la partie « pratique ». Je vous rappelle que je ne donne pas de conseil sur les produits à échanger, c’est à vous de déterminer ce qu’il est opportun d’acheter ou de vendre.

Pour réaliser une transaction, vous devez passer un ordre auprès de votre courtier. Cela se fait généralement par Internet, sur le site web de votre courtier ou avec une application s’il en propose. Notez que les frais peuvent être différents selon le moyen employé (téléphone, Internet, …). Vous devez les prendre en compte dans vos calculs de rentabilité. Il existe différents types d’ordre, nous allons voir les principaux.

Ordre à cours limité

Ce type d’ordre est le plus courant : vous fixez le prix du produit que vous souhaitez acheter. Si un autre investisseur vend le produit au prix fixé voire moins cher, l’ordre est exécuté et la transaction est réalisée. Toutefois, vous ne pouvez être certain que votre ordre soit exécuté en intégralité : si vous demandez 10 actions X à 50 euros chaque, et qu’un investisseur souhaite en vendre 5 à 50 euros chaque, vous risquez de vous retrouver avec seulement 5 actions.

De plus, il est possible que votre ordre ne soit pas exécuté du tout si aucune vente ne correspond à vos ambitions d’achat. Les ordres à cours limité ont une durée de vie qui peut différer selon les courtiers : un jour, un mois, … Il convient de vérifier régulièrement si vos achats ou ventes sont réalisés.

Carnet d'ordres d'une action à un instant T
Carnet d’ordres d’une action à un instant T

L’image ci-dessus montre un carnet d’ordres d’une action X à un instant donné. On peut y voir par exemple que 2.950 actions sont prêtes à être achetées pour 36,24 euro chaque. Il s’agit d’un cumul de tous les ordres à ce prix au moment de la capture. Elles ne seront pas achetées tant que personne n’en vendra à ce prix. Comme d’autres sont prêts à acheter plus cher, ces ordres ne seront pas exécutés immédiatement.

Ordre au marché

Ce type d’ordre est le plus simple : il permet d’acheter ou de vendre des produits immédiatement, indépendamment du prix. Si l’on reprend le carnet d’ordres de l’image précédente, 1.003 actions sont à vendre (et donc peuvent être achetées) pour 36,265 euros, puis 1.218 pour 36,27 euros, etc. Cela veut dire que si vous achetez au marché 2.000 actions à ce moment précis, vous allez en acquérir 1.003 pour 36,265 euros l’unité et 997 pour 36,27 l’unité. Il vous en coûtera 72.534,985 euros, sans compter les frais de courtage.

Dans l’autre sens, des acheteurs souhaitent acquérir au total 688 actions pour 36,26 euros, et ainsi de suite. Cela signifie que si vous êtes détenteur de 2.000 actions et que vous les vendez au marché, 688 seront vendues pour 36,26 euros et 1312 pour 36,255 euros. Vous récupèrerez 72.513,44 euros, moins les frais de courtage.

Plage de déclenchement

Un ordre à plage de déclenchement est un peu plus complexe : il déclenche un ordre à cours limité (achat ou vente à un prix donné) lorsque le cours du produit atteint un certain niveau. Cela peut servir lorsqu’on anticipe un mouvement des cours.

Seuil de déclenchement

Ce type d’ordre permet d’acheter ou de vendre une quantité de produits au marché à partir du moment où le cours du produit franchit un seuil. Cela permet notamment d’adopter une stratégie « stop loss » qui consiste à se débarrasser de certains produits si leur valeur baisse trop, afin d’éviter de perdre davantage.

Avant de passer tout ordre, il convient de définir ce que l’on souhaite faire. L’objectif est-il d’acheter et de revendre rapidement pour réaliser un bénéfice immédiat ? Dans ce cas, il peut être intéressant de passer un ordre à cours limité pour fixer le prix d’achat, puis un autre pour fixer un prix de vente. Ainsi, vous saurez à l’avance ce que vous gagnerez si l’évolution des cours vous est favorable. Préférez-vous conserver des actions longtemps pour toucher des dividendes, puis éventuellement les revendre plus tard ? Un ordre au marché vous permettra d’acheter tout de suite ces actions. Vous détenez des produits que vous souhaitez garder, mais vous avez peur que leur valeur baisse ? Un ordre de vente à seuil de déclenchement limitera vos pertes. Vous anticipez qu’une forte baisse suivra une légère hausse du cours d’un produit ? Un ordre à plage de déclenchement vous permettrait de l’acheter à un prix fixé si votre analyse se révèle correcte.

Je vous recommande de surveiller vos ordres et de tenir vos comptes régulièrement pour savoir où vous en êtes.

Déclarer ses résultats

Quels que soient vos résultats, déconvenues ou bonnes surprises, votre pays de résidence vous demandera probablement de les déclarer aux impôts. Cette section prend le point de vue français, si le fonctionnement est différent dans votre pays, n’hésitez pas à le partager en commentaire.

Un gain d’argent est appelé plus-value, une perte est une moins-value. À la fin de l’année, soit au 31 décembre, vous devez faire la somme de tout ce que vous avez gagné ou perdu en bourse sauf sur un PEA. On parle de plus ou moins-values mobilières. Lorsque vous déclarerez vos revenus quelques mois plus tard, vous devrez renseigner ce résultat, même s’il est négatif. Votre courtier peut vous éditer un relevé pour vous aider à remplir votre déclaration d’impôt.

Vous devez déclarer ces revenus même s’ils ont été réalisés à l’étranger. Avoir un compte en Suisse ne vous dispense pas de cette obligation. Il y en a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes.

 

Nous avons vu ce dont vous avez besoin pour trader, ainsi que différents types d’ordres à exploiter en fonction de sa stratégie. Pour ce qui est du choix des produits et des moments dans lesquels investir, je ne donnerai pas de conseil. Il existe d’innombrables façons de procéder et d’analyser les marchés, tous ayant leurs partisans et leurs détracteurs. Vous pouvez vous rapprocher de forums spécialisés pour demander de l’aide en fonction de votre profil.

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